Accueil » Écrans et adolescents : comment trouver le bon équilibre en famille ?
Smartphone, réseaux sociaux, jeux vidéo, séries, devoirs sur ordinateur, vidéos… Les écrans occupent aujourd’hui une place importante dans le quotidien des adolescents. Ils permettent d’apprendre, de communiquer, de se divertir, de créer et de maintenir des liens avec les autres.
Pour les parents, une question revient pourtant régulièrement : comment accompagner ces usages sans transformer le sujet des écrans en conflit permanent ?
Car l’objectif n’est probablement pas de vouloir supprimer les écrans de la vie des adolescents. Ils font désormais partie de leur environnement. L’enjeu consiste davantage à les aider progressivement à construire un rapport équilibré et conscient au numérique, tout en préservant le sommeil, le mouvement, les relations familiales et les autres activités du quotidien.
Chaque adolescent et chaque situation familiale étant différents, en cas de doute ou de question concernant la santé de votre enfant, votre médecin traitant ou son pédiatre reste votre interlocuteur privilégié.
Parler des écrans uniquement sous l’angle de leurs effets négatifs serait réducteur.
Un adolescent peut utiliser son smartphone pour échanger avec ses amis, écouter de la musique, suivre l’actualité, découvrir un sujet qui l’intéresse ou travailler. Les outils numériques occupent également une place importante dans la scolarité.
La véritable question n’est donc pas seulement « combien de temps passe-t-il devant un écran ? », mais aussi : « qu’y fait-il ? À quel moment ? Et quelle place les écrans prennent-ils par rapport au reste de sa journée ? »
Deux heures consacrées à créer, échanger ou apprendre ne correspondent pas nécessairement au même usage que deux heures passées à faire défiler machinalement des contenus.
Avant de fixer des règles, prendre le temps de comprendre les usages de son adolescent constitue donc une première étape essentielle.
À l’adolescence, le sommeil occupe une place particulièrement importante. Pourtant, les écrans peuvent facilement repousser le moment où l’on décide de les éteindre.
Un dernier message auquel on répond, une vidéo supplémentaire, quelques minutes sur un réseau social… et l’heure du coucher peut progressivement reculer.
L’Assurance Maladie recommande notamment aux adolescents de prévoir une pause écran en soirée, idéalement une à deux heures avant le coucher, et de ranger téléphones, tablettes, consoles et ordinateurs en dehors de la chambre pendant la nuit.
Plutôt que d’en faire uniquement une règle imposée aux adolescents, pourquoi ne pas en faire une habitude familiale ?
Un endroit commun où chacun dépose son téléphone le soir peut, par exemple, éviter le sentiment du fameux : « Pourquoi moi alors que vous regardez votre téléphone ? »
Le repas constitue probablement l’un des moments les plus simples pour commencer.
Télévision éteinte, téléphones éloignés de la table : pendant quelques dizaines de minutes, l’attention revient vers les personnes présentes.
D’autres moments peuvent progressivement devenir des espaces de déconnexion : une promenade, un trajet, une activité sportive, un jeu de société ou simplement une discussion.
L’objectif n’est pas de remplir chaque minute libérée par une nouvelle activité. S’ennuyer un peu fait aussi partie de la vie.
Ces respirations permettent surtout de rappeler que les écrans constituent une activité parmi d’autres et non l’environnement permanent autour duquel s’organise toute la journée.
Demander à un adolescent de poser son téléphone tout en consultant le sien toutes les cinq minutes risque de rendre le message difficilement audible.
L’Assurance Maladie insiste d’ailleurs sur l’importance de la dynamique familiale : les règles fonctionnent mieux lorsque chacun participe à l’effort.
Cela peut passer par quelques principes très simples :
pas de téléphone pendant les repas, un temps de déconnexion avant le coucher, certaines pièces préservées des écrans ou encore des notifications désactivées à certains moments.
Mais ces règles peuvent surtout être discutées ensemble.
À mesure qu’il grandit, l’adolescent a besoin de comprendre pourquoi une règle existe et de participer progressivement aux décisions qui concernent son quotidien.
C’est aussi une manière de développer son autonomie.
« Tu as encore passé combien de temps sur ton téléphone ? »
La question est légitime. Mais elle ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Une autre discussion peut être beaucoup plus riche :
Qu’est-ce que tu aimes regarder ? Qu’est-ce qui t’intéresse sur ce réseau ? Est-ce que certains contenus t’agacent ? Est-ce que tu arrives facilement à arrêter ? Pourquoi as-tu parfois envie de reprendre ton téléphone quelques secondes après l’avoir posé ?
Ces questions ouvrent un espace de réflexion plutôt qu’un simple rapport de contrôle.
Et c’est précisément l’un des principes de l’éducation à la santé : permettre progressivement aux jeunes de comprendre leurs comportements, de développer leur esprit critique et de devenir acteurs de leurs propres choix.
Lorsque les écrans occupent une place importante, le temps consacré à d’autres activités peut naturellement diminuer.
Mais là encore, inutile de présenter les choses comme un duel : smartphone contre sport.
Une promenade avec des amis, quelques kilomètres à vélo, une activité associative, de la danse, du jardinage ou simplement davantage de déplacements à pied permettent de remettre naturellement du mouvement dans la journée.
La bonne question peut alors devenir :
« Qu’aimerais-tu faire en dehors des écrans ? »
Plutôt que :
« Comment faire pour que tu passes moins de temps sur ton téléphone ? »
Le changement de perspective est subtil, mais il peut transformer la discussion.
Il n’existe probablement pas une organisation idéale applicable à toutes les familles.
Un collégien de 12 ans et un lycéen de 17 ans n’ont ni les mêmes besoins, ni la même autonomie. Les usages évoluent également selon les périodes : vacances, examens, week-ends, activités ou relations sociales.
L’enjeu consiste donc moins à rechercher un nombre de minutes parfait qu’à observer l’équilibre général.
Le sommeil conserve-t-il suffisamment de place ? Les repas permettent-ils encore d’échanger ? L’adolescent bouge-t-il régulièrement ? Conserve-t-il des activités qu’il apprécie ? Passe-t-il du temps avec ses proches et ses amis en dehors des écrans ?
Lorsque ces différents espaces continuent à coexister, le numérique peut plus facilement retrouver sa juste place.
Pour accompagner les adolescents, plusieurs ressources permettent aux parents comme aux jeunes de réfléchir aux usages numériques sans tomber dans un discours uniquement culpabilisant.
📘 À lire : les ressources de l’Assurance Maladie consacrées aux écrans pendant l’enfance et l’adolescence. Elles proposent des repères concrets selon l’âge et abordent notamment l’organisation familiale, le sommeil, les contenus, les notifications et les moments sans écran.
🎧 À écouter : Enquête PISA : jusque-là, tout va mal…, dans l’émission Le téléphone sonne sur France Inter, diffusée le 8 septembre 2026. Cette émission récente interroge notamment la place des écrans, les rythmes scolaires et le rôle des parents dans les apprentissages. Une écoute intéressante pour replacer le numérique dans une réflexion plus large sur le quotidien des jeunes.
💻 À découvrir : les ressources pédagogiques d’ADOSEN. L’association agit auprès des jeunes autour de nombreux enjeux d’éducation à la santé et développe une approche fondée sur la réflexion et le dialogue. Sur la question du numérique, elle soutient notamment des initiatives permettant aux jeunes d’interroger leur rapport aux écrans et de réfléchir aux alternatives possibles.
L’idée n’est pas seulement de transmettre aux adolescents une liste de comportements à respecter, mais de leur donner progressivement les moyens de comprendre, questionner et faire leurs propres choix.
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