Accueil » Prendre soin de sa santé mentale au quotidien : quels leviers de prévention ?
Prendre soin de sa santé ne concerne pas uniquement le corps. Notre équilibre psychologique, nos relations, notre environnement, notre sommeil ou encore notre activité physique participent eux aussi à notre santé globale.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, il est utile de rappeler que la santé mentale nous concerne tous. Elle ne se résume pas à l’absence de troubles : elle évolue au cours de la vie et peut être influencée par de nombreux facteurs personnels, sociaux ou environnementaux.
Sans prétendre pouvoir tout maîtriser, certaines habitudes du quotidien peuvent contribuer à préserver notre équilibre et notre bien-être. L’objectif n’est pas de dresser une liste d’injonctions supplémentaires, mais plutôt d’identifier quelques leviers accessibles et de permettre à chacun de trouver ceux qui lui correspondent.
Et lorsque l’on traverse une période difficile ou que l’on s’interroge sur sa santé mentale, en parler à son médecin ou à un professionnel de santé reste essentiel.
Le sommeil occupe une place importante dans notre équilibre général. Pourtant, lorsqu’un quotidien devient chargé, c’est souvent l’un des premiers temps que nous réduisons.
Se coucher et se lever à des horaires relativement réguliers, créer une transition entre les activités de la journée et le coucher, limiter autant que possible les sollicitations tardives ou simplement apprendre à reconnaître ses propres besoins peuvent contribuer à préserver une meilleure qualité de repos.
L’objectif n’est pas de rechercher un sommeil « parfait ». Il s’agit plutôt de considérer le repos comme un véritable besoin de santé et de lui redonner une place dans notre organisation quotidienne.
L’activité physique ne signifie pas nécessairement pratiquer un sport intensif. Marcher, jardiner, faire du vélo, danser, nager ou simplement réduire les longues périodes passées assis sont autant de façons de remettre du mouvement dans son quotidien.
Au-delà de ses bénéfices physiques, bouger régulièrement peut participer au bien-être psychologique, offrir un temps de respiration et favoriser les interactions sociales lorsque l’activité est pratiquée avec d’autres.
Là encore, la régularité compte davantage que la recherche de performance. L’activité la plus intéressante est souvent celle que l’on prend plaisir à maintenir dans le temps.
Prendre soin de sa santé mentale passe aussi par nos relations.
Famille, amis, collègues, voisins, associations… les liens sociaux peuvent apporter du soutien, créer des moments de partage et permettre de ne pas rester seul face à certaines difficultés.
Cela ne signifie pas qu’il faille être constamment entouré. Nous n’avons pas tous les mêmes besoins en matière de relations sociales. L’important est plutôt de pouvoir identifier les personnes avec lesquelles nous pouvons échanger librement et demander de l’aide lorsque nous en ressentons le besoin.
Parfois, prendre le temps d’écouter ou d’être écouté constitue déjà un espace précieux.
Nos journées sont souvent remplies de sollicitations : travail, déplacements, notifications, informations, obligations familiales ou personnelles. Même les temps supposés être consacrés au repos peuvent finir par être occupés par des écrans ou de nouvelles tâches.
Créer volontairement des moments de récupération peut aider à retrouver un peu d’espace : lire, marcher, écouter de la musique, pratiquer une activité créative, passer du temps dans la nature ou simplement ne rien programmer pendant quelques instants.
Il n’existe pas une bonne manière de se détendre. L’enjeu est plutôt d’identifier ce qui nous permet réellement de ralentir et de récupérer.
Nous prenons rarement le temps de nous demander comment nous allons réellement.
Mettre des mots sur une émotion, identifier ce qui nous préoccupe ou reconnaître que notre niveau de fatigue augmente peut pourtant permettre de mieux comprendre ce que nous vivons.
Écrire, parler avec une personne de confiance ou simplement s’accorder quelques minutes pour observer son état du moment peut aider à prendre du recul.
Cette attention portée à soi ne consiste pas à analyser en permanence chaque émotion. Elle peut simplement nous aider à remarquer plus tôt qu’un équilibre est en train de changer et qu’il devient nécessaire de chercher du soutien.
L’éducation à la santé repose notamment sur une idée essentielle : permettre à chacun de développer sa capacité à faire des choix éclairés et à agir pour sa propre santé.
Cela passe par l’accès à une information compréhensible, la connaissance des ressources disponibles, mais aussi par une meilleure compréhension de ses propres besoins.
Prendre soin de sa santé mentale ne consiste donc pas à appliquer une recette universelle. Il s’agit progressivement d’identifier les habitudes, les environnements, les relations et les ressources qui nous font du bien, tout en sachant que certaines situations nécessitent un accompagnement professionnel.
Cette capacité d’agir n’est pas synonyme de responsabilité individuelle absolue : notre santé dépend également de notre environnement, de nos conditions de vie et de facteurs sur lesquels nous n’avons pas toujours de prise.
Prendre soin de soi, c’est aussi reconnaître que l’on ne peut pas toujours tout résoudre seul.
Lorsque le mal-être s’installe, devient difficile à gérer, perturbe le quotidien ou suscite une inquiétude, il est important de se rapprocher d’un médecin ou d’un professionnel de santé compétent.
Demander de l’aide ne remet pas en cause notre autonomie. Au contraire, cela peut faire partie des décisions que nous prenons pour notre santé.
En cas de détresse psychique ou de pensées suicidaires, il est essentiel de ne pas rester seul et de solliciter rapidement une aide professionnelle. En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Certaines personnes choisissent d’intégrer une pratique complémentaire à leur démarche globale de bien-être, par exemple pour s’accorder un temps pour soi, rechercher de la détente ou mieux prendre en compte certaines dimensions de leur quotidien.
Il est cependant important de conserver un cadre clair. Une thérapie complémentaire ne remplace pas l’accompagnement d’un médecin, d’un psychologue, d’un psychiatre ou de tout autre professionnel de santé lorsque celui-ci est nécessaire.
Le praticien en thérapie complémentaire doit lui-même connaître les limites de son champ de compétences et savoir orienter la personne lorsqu’une demande ne relève pas de sa pratique.
Cette capacité à reconnaître ses limites constitue d’ailleurs l’un des repères importants pour choisir un praticien.
Sommeil, mouvement, relations sociales, temps de récupération, écoute de soi… aucun de ces leviers ne constitue à lui seul une réponse universelle.
Ils peuvent en revanche nous rappeler que la santé se construit aussi au quotidien et que chacun peut, à son niveau et selon ses possibilités, chercher à mieux comprendre ce qui contribue à son équilibre.
Prendre soin de sa santé mentale ne signifie pas réussir à aller bien en permanence. Cela signifie aussi savoir s’écouter, s’informer et demander de l’aide lorsque cela devient nécessaire.
C’est également tout le sens de l’éducation à la santé : nous donner davantage de connaissances et de repères pour pouvoir devenir, progressivement, acteurs de notre santé.
📖 À lire — S’estimer et s’oublier, Christophe André
Psychiatre et ancien praticien à l’hôpital Sainte-Anne, Christophe André explore dans cet ouvrage la manière dont nous nous regardons et nous traitons nous-mêmes. Il aborde l’estime de soi non comme une finalité, mais comme un équilibre permettant de mieux traverser les difficultés et de s’ouvrir davantage aux autres et au monde. L’ouvrage est paru en 2024 et existe depuis février 2026 en édition de poche. Odile Jacob
Découvrir le livre chez Odile Jacob
🎧 À écouter — La Perche : Hygiène de vie, trouver son équilibre sans culpabiliser
Cet épisode d’environ 40 minutes, produit par l’association d’entraide La Maison Perchée, donne la parole à trois personnes concernées autour du sommeil, de l’alimentation et de l’activité physique. Je le trouve particulièrement cohérent avec notre article parce qu’il associe expérience vécue et conseils du quotidien, sans tomber dans l’injonction à « bien faire ». Il est d’ailleurs référencé parmi les ressources proposées par Psycom.
Retrouver cette ressource via Ausha
🧭 À découvrir — La Boussole de la santé mentale, Psycom
Plutôt qu’une application, je privilégierais cet outil pédagogique proposé par Psycom, organisme public de référence en matière d’information sur la santé mentale. La Boussole explique simplement une idée essentielle : nous avons tous une santé mentale, celle-ci évolue au cours de la vie et de nombreux facteurs peuvent la faire varier. Psycom – Santé Mentale Info
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